Indigo d'Oc

Collectif de designers

Olivier Boscournu s’impose en 3D et rêve de design

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Il faut imaginer Olivier Boscournu devant ses trois écrans d’ordinateur pour répondre aux demandes de ses clients. Ou avec ses étudiants de L’IPESAA, école de Design à Montpellier. Quand il se laisse aller, un peu de sport lui fait du bien. Et, le plus souvent, un carnet de dessin lui permet de concrétiser une étincelle ou un songe. A la recherche de la voiture idéale, d’un objet qu’il traduira en 3D… Depuis l’enfance, Olivier dessine, curieux et touche à tout. « Je veux être géo-trouve-tout » n’hésitait pas à dire le gamin bourbonnais quand on l’interrogeait. Rien d’étonnant donc qu’à l’adolescence, il ait choisi de s’orienter vers un Brevet de technicien en arts appliqués. Aussitôt suivi d’une scolarité dans une école lyonnaise dans la même spécialité. Puis de la préparation d’un DNAP (Diplôme National d’Arts Appliqués), option Design, à Saint Etienne. A la fin de ses études, il a tout fait dans plusieurs biennales de la Cité du Design. De la mise en place de la manifestation à la responsabilité d’un stand d’entreprise, en passant par la présentation d’un fauteuil modulable. « Je l’avais fabriqué dans mon couloir, assemblé dans mon salon et peint dans ma cuisine ». Il s’en amuse encore.

Quand de projet en projet, il s’est rendu compte qu’il était difficile de vivre du Design, c’est vers Montpellier qu’il s’est dirigé, en 2007. Et qu’il a choisi le freelance pour exercer comme artiste et graphiste 3D. Sans renoncer à sa formation initiale. L’IPESAA lui offrit l’occasion d’enseigner ses principales passions : Design produit, dessin à travers le croquis et la méthode de représentation conventionnelle. Treize heures de cours sur deux jours de la semaine qui lui permettent aussi de se consacrer à ses clients. Certains vont lui demander des rendus graphiques permettant de visualiser leurs projets. A l’exemple de son travail primé pour Europan 2011, avec l’architecte Damien Viellevigne. Ou les photo-réalistes publiés dans Interiors Création, 3D Mag ou chez Eyrolles. Avec en particulier son rendu du pavillon allemand barcelonais de Mies Van Der Rohe, traduisant son intérêt pour le Bauhaus.

Séduit par cette belle aventure du logiciel libre…

A d’autres, il transmettra ses compétences sur des applications comme Blender ou Yafaray. De conférences en formations, Olivier se fait un point d’honneur à montrer toutes les subtilités de ces logiciels libres. Comme à l’Université Royale de Madrid ou aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre de Montpellier, en 2014 ou 2017. « Pour Yafaray, je suis le béta-testeur pour toutes les évolutions » précise Olivier avant d’avouer sa reconnaissance aux concepteurs qui ont développé ce logiciel de rendu qu’il cherchait. « Je lui donne de mon temps pour faire des tutoriels et assurer sa promotion ». Séduit par cette belle aventure du libre pour laquelle on le sent fier d’y être fidèle. Depuis quelques années, il s’investit également dans le configurateur visuel 3D. « C’est un outil qui permet de personnaliser en ligne les produits que vendent nos clients. Il donne la possibilité d’ajouter, en quelques clics, textes, images, photos, couleurs, matières…Une aide intéressante pour un designer ». Ces explications, Olivier les développera le 12 juin à La Fenêtre, dans le cadre des rencontres régulières organisées par le collectif de designers Indigo d’Oc, auquel il appartient. Avec le concours de son partenaire Camille Frisch.

Si le configurateur visuel n’aura plus de secret pour les participants, d’autres anecdotes peuvent répondre d’avance à leur curiosité. Exemples : pourquoi joint-on Olivier à l’adresse riofranko@gmail.com ? « Quand on s’appelle Boscournu, un patronyme unique en France, on a envie de trouver un pseudo facile à écrire » répond-il d’emblée. Au-delà, l’origine est à chercher dans une ressemblance physique avec un personnage de bande dessinée, nommé Bismark Riofranco. L’occasion aussi d’évoquer un attachement au Japon et à la Méditerranée. Quant au visuel de son site, où sa photo, légèrement pixelisée, apparait dans un bureau virtuel, inspiré par les clichés de la photographe danoise Ditte Isager, impossible de deviner le sujet du dessin posé sur la planche. « Une soucoupe volante victorienne en 3D! En clin d’œil à un concours que j’ai gagné » lâche le presque quadra, pour qui la 3D ne suffit pas à combler ses rêves de designer. « Pour moi, Raymond Loewy, c’est le pape. J’aime aussi Carlo Scarpa, l’architecte designer vénitien », affirme-t-il, avant de glisser « J’apprécie les meubles, tout en douceur, de Patricia Urquiola. Et le parcours de Thibault Desombre, fondateur d’Indigo d’Oc. Il a réussi, sans rentrer dans la starisation ». Ultime constat, le renvoyant à la difficulté d’un designer à se faire éditer. Un Objectif non encore exaucé. Et pourtant, ce pourrait être le cas pour son tabouret sélectionné au concours My Talent, organisé par Myfab. Ou plus encore pour sa baladeuse transparente, si séduisante ? Imaginons Olivier Boscournu vraiment heureux !

Guy Hébert

A noter : Mercredi 12 juin, à 18h30, au Centre d’art La Fenêtre, 27 rue Frédéric Peyson Montpellier, conférence d’Olivier Boscournu et Camille Frisch, dans le cadre de l’opération « Les designers passent par La Fenêtre ».